Gabrielle

Gabrielle

mercredi 3 juillet 2013

Christiane , Jacqueline et "Maris Stella"...

Aujourd'hui je ne parlerai pas de moi et de ma petite balade mais de Christiane et Jacqueline Dardé que j'ai rencontrées à Praia . Vous allez voir, elles valent le détour !
Ce sont de bonnes copines de Didier et Chantal . Leur bateau c'est Maris Stella :
De retour des Antilles, elles ont fait escale aux Açores moteur en panne. C'est là que je les ai rencontrées. Au premier abord elles n'ont l'air de rien :
Je  vous l'avais dit : deux petits bouts de femmes ici avec Chantal lors d'une tourada, l’événement mondain numéro un aux Açores. Elles sont toutes les deux professeurs de mathématiques. Christiane, à gauche sur la photo, quittera plus tard l'enseignement pour vivre de sa peinture. Jacqueline, au milieu, a enseigné jusqu'à sa retraite. Rien que très banal jusque là .Mais quand vous les faites parler vous changez de monde.Je vais tenter de résumer dix ans de leurs navigations .
Elles ont commencé très tôt, en kayak avec maman :
Un apprentissage très classique . Le Vaurien d'abord :
Le 470 ensuite qu'elles ont pratiqué en régate à un très bon niveau :
Cela les a amenées à un premier petit croiseur : un Challenger scout :
Puis cela sera Ding-Dingues, un super Arlequin :
C'est là que tout s'emballe. Avec ce petit neuf mètres et se lancent dans un premier tour du monde !
 Elles en feront un deuxième, encore plus incroyable sur Maris Stella :
Elles en feront un troisième ensuite avant de se lancer dans une petite balade vers l'Argentine. C'est au retour de cette promenade ( pour elles...) que je les ai rencontrées à Praia .
Cela les a conduites ( dans le désordre ) de l'île de Pâques à Rio ,
du cap Horn au cap de Bonne Espérance,
du Japon
à l'Alaska où elles ont hiverné :
Puis elles sont passées des icebergs aux dunes de sable ,


Ces navigations ont souvent été tranquilles,
mais vous imaginez bien que de pareils périples ne sont pas de tout repos :

Elles ont rencontré bien sur beaucoup de monde. Des Japonais :



des polynésiens :


des pingouins ( en Géorgie du sud ) :


et même des bretons aux Açores !

De telles aventures ne sont pas passées inaperçues . Des américains de rencontre ont parlé d'elles au Cruising Club of America qui leur a décerné la Blue Water Medal :


C'est comme qui dirait le prix Nobel des grands voyages à la voile. Une seule médaille est décernée par an. Deux impératifs : être amateur et laisser  le jury sur le derrière . Christiane et Jacqueline sont les premières femmes à l'avoir obtenue seules. Elles partagent cette distinction avec Bernard Moitessier , c'est tout dire! La légion d'honneur a côté fait un peu minable...
Et avec tout ça, pas bégueules pour un sou , elles sont extrêmement agréables à côtoyer et leur bœuf bourguignon a mérité la prestigieuse "Juicy Steack Medal" que je décerne également une fois par an ( Arnold en a été le précédent récipiendaire ):

Je suis allé très vite mais on pourrait écrire un livre sur leurs aventures.J'espère qu'elles l'écriront . Brigitte et Suzanne arrivent samedi . En bonne féministes Christiane et Jacqueline devraient beaucoup leur plaire .

jeudi 27 juin 2013

Terceira, les copains...

Je suis à Terceira depuis plus de 10 jours maintenant et m'y sens presque comme à la maison. Non pas tant parce que je connais bien le coin pour y être passé en 2011, mais parce que j'y ai retrouvé les amis et que je m'en suis fait d'autres.
Nous avions convenu depuis longtemps avec "Glomel" et "Antinéa" ne nous y retrouver en juin. L’île est plus excentrée et moins mythique que Faial dont le port Horta est un des plus célèbres de l'Atlantique. Elle est donc moins fréquentée et plus familiale. J'ai donc pris mes quartiers à Praia da Victoria.
Voilà de gauche à droite Didier, Arnold, Chantal et Martine. Didier et Chantal sont bretons et naviguent sur "Glomel", Arnold et Martine que je ne présentent plus sont sur "Antinéa". Je rappelle simplement que j'ai navigué avec eux de Dunkerque aux Canaries en 2011.
Il a fallu d'abord réparer le bateau. Didier a pour cela un gros avantage : il est multi-service.

Excellent marin, il est toujours d'accord pour un petit convoyage ( ici entre Horta et Praia) ou pour donner un coup de main pour changer un bateau de place comme "Antinéa" par exemple :
C'est un bon gréeur :
Et en plus il comprend l'informatique. C'est bien pratique quand on est "planté" sur un programme :
Il est également très utile dans les réparations Par exemple sur un passage de câble :

Arnold lui est plus mécanique et cuisine :
Bien entouré, j'ai rapidement terminé mes chantiers. Le plus difficile a été de comprendre et de réparer l'entrée d'eau qui nous a gâché le vie durant la traversée. Un grand ménage s'est aussi imposé, "Gabrielle" n'était plus présentable après la traversée.
N'imaginez pas pour autant que cela a été le bagne. La vie sociale est très chargée et occupe beaucoup.
Il y a les Barbecues :


les apéritifs :
les dîners en ville  ( ici sur "Maris Stella" ) :

"Maris Stella" est mené par Christiane et Jacqueline, deux sœurs dont je vous résumerai bientôt l'incroyable parcours. Cela mérite un message complet.
Le vrai danger à Terceira est, comme vous l'avez compris, le risque de reprendre les kilos perdus pour le mariage... Je dois faire attention car Brigitte arrive le 6 juillet et je dois garder ma ligne de séducteur !
Ce soir, pour nous remercier d'un petit dépannage nous sommes à nouveau invités sur "Maris Stella" à un grand repas. Il faut que je vous quitte...

vendredi 21 juin 2013

Quelques images de la traversée...

Quelques photos représentatives de la traversée: elles ne sont pas spectaculaires...
La dernière image des Caraïbes, la pointe des château au sud est de Grande Terre en Guadeloupe :
Nous l'avons passé à la nuit tombante, le vent était encore modéré. C'est durant cette première nuit qu'il a augmenté pour tourner autour de 25 nœuds, imposant une remontée au près "océanique" sous deux ris . La mer est devenue inconfortable, jamais dangereuse. Cela se voit mal sur ce cliché :
Une entrée d'eau que je n'ai pu mettre en évidence qu'à l'arrivée nous a bien ennuyés. Cela a goutté durant toute le remontée des Alysées rendant inutilisable la couchette du carré bâbord. La bassine ne permettait de récupérer qu'une petite partie de l'eau infiltrée. Le carré semble en désordre mais ce n'est qu'une impression...Un ordre prussien a toujours régné à bord. Vous me connaissez...

L'équipage maintenant. Étant naturellement photogénique, je ne mettrai qu'une photo de moi pour ne pas gêner Daniel ...
Je vous l'avais dit : toujours aussi irrésistible !
J'ai du faire poser Daniel à de nombreuses reprises pour en tirer une image présentable :
Parce que Daniel au débotté est beaucoup moins convaincant. Son chapeau à vrai dire ne l'arrange pas beaucoup !
Daniel tient beaucoup à ce galurin pour le moins discutable.C'est celui de Kathy, sa compagne. J'ai essayé de le convaincre d'abandonner les tailleurs anglais pour s'équiper "frenchy" mais rien n'y a fait. La charge sentimentale est trop forte...
Passons à l'anticyclone des Açores . Là non plus, pas d'image choc.Une première vue au spi, en se trainant:
Une deuxième vue sous grand foc, en se trainant toujours :
Une dernière en se trainant encore mais cette fois avec des dauphins qui ont été très présents durant cette navigation :
Nous avons souvent vu des baleines. Une baleine à bosse en particulier a fait le spectacle en sautant à de nombreuses reprises, comme à la télé, mais trop loin de nous pour la photographier.
Nous avons enfin atteint les vents d'ouest qui nous ont permis d'accélérer et d'atteindre Faial qui ne s'est révélée que très tard dans la brume :

Nous sommes arrivés à Horta le soir tombant . Il ne restait plus qu'une place devant le poste à carburant :
Daniel a immédiatement quitté le bateau pour l'aéroport et a rejoint la France en pleine grève des contrôleurs aériens.
Voilà, je vous avais prévenus, rien de spectaculaire...
J'allais oublier. Une dernière photo de l'anticyclone. Au moteur ,en se trainant au ralenti, pour économiser le carburant :











samedi 15 juin 2013

20 jours, 20 heures...



Au total tout s'est bien passé. Nous avons respecté le tableau de marche prévu : 2546 miles nautiques ( 4715 km ) à cinq nœuds et des poussières , la route directe ( l'orthodromie) entre la pointe des châteaux en Guadeloupe et Faial se chiffrant à 2170 miles nautiques ( 4018 km ) . Tous les bateaux qui ont traversé en même temps que nous ont mis le même temps à quelques heures près, indépendamment de leur taille. Une traversée honorable donc.
Comme le montre les chiffres, nous n'avons pas navigué au cap, en ligne droite. Il a fallu composer avec le vent et c'est là que tout s'est compliqué.
J'avais fait l'avitaillement avant l'arrivée de Daniel car son temps était compté, le malheureux étant attendu au boulot à partir du 12 juin. Cet impératif de date a été un soucis constant durant cette navigation. Il n'est jamais bon en mer d'avoir de tels impératifs . Cela peut pousser à la faute et augmenter la prise de risque. Au large il est souvent urgent d'attendre et de temporiser. Mais ce voyage a été beaucoup plus sûr avec Daniel et un timing serré qu'il l'aurait été sans Daniel et avec du temps.
Deux mots sur lui d'abord. Daniel qui vit maintenant en Normandie a longtemps eu un bateau à Dunkerque où je l'ai rencontré. Il est très expérimenté avec un tour de l'Atlantique au compteur fait il y a six ans avec sa compagne anglaise Kathy qui aurait du être du voyage. Elle n'a malheureusement pu venir un de ses fils étant malade. Daniel qui a l'habitude de bateaux rapides et excitants a du en rabattre avec mon « camion ».
La remontée des alysées a demandé quatre jours, au près « océanique » ( à 50° du vent apparent) dans une mer très inconfortable par un vent constant de 25 nœuds. Une entrée d'eau que je n'ai comprise qu'à l'arrivée nous a pourri la vie. La température dans la cabine était de jour à la limite du supportable, les conditions de mer interdisant toute aération. Mais au moins cette partie du voyage s'est faite à très bonne vitesse. Après il a fallu négocier l'anticyclone...
Les fichiers météo que nous recevions tous les jours par iridium montrait un couloir de vent de sud-est très favorable. Nous sommes avons fait cap au nord est pleins d'espoir . Hélas quand nous sommes arrivés sur zone, la terre promise s'était décalée de 100 miles vers l'est. Fin de nos espoirs et début du petit temps !
Il a fallu chercher le vent avec l'aide des fichiers météo, les « gribs ». Cela nous a valu en particulier de remonter plein nord vers Terre Neuve ce qui a intrigué Brigitte qui nous suivait par la balise et que je contactais par téléphone satellite tous les deux jours (quand on connait le prix de la communication c'est plus de l'amour, c'est de la rage ! ). Le moteur à bas régime pour économiser le carburant nous a bien aidé quand le vent s'effondrait trop ,parfois seul, le plus souvent en « voile et moteur ».
Nous avons atteint péniblement les vents d'ouest qui nous ont enfin permis de faire route directe à bonne vitesse. Ils ont atteint 33 nœuds trois jours avant l'arrivée mais ont été très faciles à négocier : comme nous étions au nord de la route nous les avons pris sous un bon angle, grand largue tribord amure.
Pour gagner une journée nous avons rallié Horta sur l'ile de Faial et non pas Terceira. Après une courte nuit Daniel a pu prendre le premier avion pour Lisbonne. J'ai rejoint Terceira trois jours plus tard avec Didier qui a pris le ferry pour me rejoindre.
L'entente a été excellente a bord. Le niveau culinaire n'a rien eu à voir avec les prestations d'Arnold vers les Açores ou de Christian vers les Antilles. Je n'ai pêché qu'une fois, le temps de perdre le leurre et l'émérillon qui ont été emportés par une très grosse bête. Pour ma part les automatismes acquis lors des précédentes traversées sont de suite revenus facilitant les choses.
Une traversée sans histoire donc et tant mieux. Deux bateaux français ont disparu sur ce trajet cette saison et on est sans nouvelles de trois autres. Ils sont partis très tôt en avril et le temps a été très dur sur l'atlantique au début du printemps. On ne gagne pas contre l'océan, il vous laisse passer...

mardi 11 juin 2013

Retour aux Açores...

Voilà, après 20 jours et 20 heures de mer, nous sommes arrivés hier soir aux Açores.
Nous avions prévu d'arriver à Terceira mais, pour des problèmes d'horaire d'avion, nous avons fait escale à Faial qui est 70 miles nautiques plus à l'ouest que Terceira soit quinze heures de mer.
Daniel est reparti vers la France et le travail dès ce matin. Mon pote Didier de "Glomel" arrive ce soir par la navette inter-iles et m'aidera à à rejoindre Terceira.
Je vous donnerai plus de détails sur la traversée une fois à Terceira. Elle s'est bien passée.
Pour l'instant je cours les magasins du coin pour trouver du matériel et réparer le bateau.
A bientôt donc....

dimanche 19 mai 2013

Faut que je vous explique...

Le trajet de la route du retour est l'inverse du trajet aller. Il s'agit toujours de tourner autour de l'anticyclone médio-atlantique mais cette fois ci par le nord.
La route sera nord durant 7 à 9 jours avant de pouvoir obliquer vers les Açores en passant sur la berge nord de l'anticyclone. Elle fera comme une crosse des Antilles aux Açores. Cette route est plus difficile car on passe au sud des dépressions atlantiques. Nous serons aidés par les fichiers météo que nous pouvons recevoir à bord et qui nous permettrons de bien nous positionner.On va naviguer du chaud vers le froid. Tous mes équipements bretons sont de sortie. Ils sentent un peu le renfermé. Le grand air leur fera du bien !
S'il fait trop beau et que l'anticyclone s'étend, la route sera plus nord et plus longue. On va donc espérer que le temps approximatif se poursuive chez vous.
N'attendez pas de vitesse façon route de rhum. Soyez patients. Gabrielle n'avancera que lentement sur vos cartes.
Je viens d'avoir des nouvelles de Daniel. Il s'est bien embarqué à Orly et arrive vers 16H. D'ici là je vais finir mes courses...

J-2 ( ou 3 )...

J'ai beaucoup de soucis avec la connexion internet. J'ai aussi beaucoup de travail avec la préparation du bateau ce qui explique mon silence.
Après une dernière virée vers Marie Galante, la Dominique et les Saintes je suis rentré à Pointé à Pitre. Ces derniers bords aux Antilles je les ai tirés avec de vieux amis de mon ancienne vie. François et sa femme Florence sont revenus à bord accompagnés par Hélena et Alexandre. J'ai longtemps travaillé avec Hélena au Ch Dron à Tour coing. Il n'y aura pas de photos, la connexion est trop minable.
Dès leur départ, j'ai caréné Gabrielle. Un vrai test d'effort par 34 degrés, en plein soleil sur une dalle de béton brûlante. L'enfer...
J'ai ensuite avitaillé  le bateau qui a pris son loock épicerie typique des traversées. Il y en a partout !
Demain arrive Daniel qui va m'accompagner. Sa compagne Kathy ne pourra pas être du voyage. Son fils est tombé malade en Turquie et elle a du s'occuper de son rapatriement en Écosse. Je suis vraiment désolé pour elle.
L'appareillage pour les Açores sera pour lundi ou mardi. Il y en a pour trois bonnes semaines. Vous pourrez suivre notre progression par la balise Spot. Ici le vide se fait. Tous les bateaux sont sur le départ. Je suis content de rentrer. Ne serait-ce que pour la température qui grimpe tous les jours. Vous ne connaissez pas votre bonheur de vivre un printemps frisquet !
J'essaierai de poster un dernier message avant le grand départ. Sinon à dans trois (bonnes) semaines.

mardi 14 mai 2013

Le petit lien amusant...

J'ai fait une erreur en vous envoyant un lien erroné. Voici le bon lien:



http://share.findmespot.com/shared/faces/viewspots.jsp?glId=0kB3jlHCIRh7mJ3zjL1ojqUPpy2PoNpq2


sinon tout va bien. Je rentre demain à Pointe à Pitre pour un carénage ultime avant le grand retour. La fièvre monte et je commence à me mettre en tension. J'enverrai un dernier message juste avant l'appareillage...