Gabrielle

Gabrielle

mardi 12 février 2013

Remontée vers le Nord...

Je ne suis resté que très peu de temps en Martinique. Dès le départ de mon premier équipage un second est arrivé et nous avons fait route vers la Guadeloupe.

Je vous présente Claude et sa femme Marie-Hélène. Claude et moi étions copains d'enfance en Algérie, fréquentions la même école et le même club de tennis. C'est le plus ancien témoin de ma fantastique ascension. Comme il connait trop de choses de mon passé, je l'ai invité à bord avec sa femme pour acheter son silence . Nous sommes très rapidement remontés vers la Guadeloupe pour y retrouver Brigitte et commencer à explorer le coin, totalement nouveau pour nous.
Nous avons commencé par les Saintes, un archipel situé au sud ouest de la Guadeloupe célèbre site d'une bataille navale entre flottes anglaise et française ( une Trafalgar tropical....). Les iles ont été peuplées de colons normands et bretons sans esclavage. Les habitants sont restés très clairs et peu mélangés, une exception aux Antilles. La baie des Saintes se veut, ainsi que deux mille autres baies, la deuxième plus belle au monde après celle de Rio.
La baie est de fait très belle et très fréquentée.
Le débarquement se fait en annexe sur fond de trois mats barque. Du fait de son succès touristique, le bourg des saintes est très léché.
Cela un petit côté Saint Trop' il y a cinquante ans. La population locale reste attachée aux coutumes locales comme le montre ce cliché de la déchèterie locale :
 Enfin de bons français qui ont su résister à Coca-Cola et à ses infâmes produits américano-dégénérés !
Le bourg est un petit village avec ses gendarmes et sa mairie :
Nous avons quitté Les Saintes pour la Dominique. Les Saintes vont être une escale très habituelle cette saison. J'aurai l'occasion de vous en reparler.
La Dominique est au sud de la Guadeloupe, intercalée entre elle et la Martinique. C'est une des iles les plus pauvre de l'arc Antillais. Elle est restée très sauvage. On y trouve encore des perroquets qui ont disparus sur la plupart des autres iles. Les derniers indiens Caraïbes y ont une réserve.Nous avons débarqué à Portsmouth au nord de l'ile dont la rade offre un très bon abri
Dominant la baie un volcan, le Morne Diablotin. La ville est petite avec une administration sommaire.Là par exemple c'est le bâtiment de la douane et de l'immigration :
L'habitat est très pauvre à l'image des habitants :
La Dominique est appelée l'ile aux 365 rivières. La plus importante, la rivière indienne, est un parc nationale. On la remonte à la rame. Elle est très impressionnante, on y a tourné des scènes de Pirates des Caraïbes.

La Dominique est presque toute entière couverte par la forêt tropicale où il est difficile de circuler. On la visite, la tangente plutôt, avec des guides locaux :
Le nom du notre s'étale fièrement sur le pare-brise de son "truck" :
Notre  "boatboy" repond lui au doux sobriquet de "spaghetti" :

 La côte de l'ile est superbe, totalement préservée :
Bref, la Dominique est une superbe endroit, encore très loin du tourisme habituel. Les gens y sont charmants, on s'y sent toujours en sécurité. Vraiment un endroit à ne pas rater.
La vie sociale est bien développée aussi. J'ai pu trouver un club à mon image que je vous conseille :
N'hésitez pas, faites le voyage, vous serez très bien reçus. Dites seulement que vous me connaissez.!
A la prochaine fois. Je vous parlerai de la Guadeloupe...












vendredi 25 janvier 2013

Retour du marin au Marin...

Quelques jours ont été nécessaires pour que je retrouve mon équilibre et mes affaires. Mes bagages sont arrivés un jour et demi après moi. Au total j'y ai gagné. L'état de la Grenade a mis en route depuis peu une taxe sur tout le matériel importé. Le montant est calculé sur la base des factures. Si on ne les a pas, les gabelous se chargent de l'estimation. Ayant débarqué en caleçon, pas de taxe... Les papiers du bateau ça a été plus compliqué : 29 heures pour aller de Bousbecque à Saint George's Harbour, 3 jours pour Saint George's- Saint David's ( 23 km...).
J'ai retrouvé le bateau en bon état . Sale mais sans bestiole, pas de soucis électrique malgré l'humidité et la chaleur, peu  de moisissures, pas de fauche. En attendant mon équipage j'ai passé deux nuits à la Sagesse.Une petite photo de l'endroit , toujours aussi déshérité :
Mon premier équipage est alors arrivé. Françoise la sœur de Brigitte , son mari Vincent et Dominique la femme d'un vieux copain de fac qui n'a pas pu venir ( il travaille !)
Françoise et Vincent sont viticulteurs, je suis leur principal client. Je les ai invités pour tenter d'obtenir un rabais sur mes commandes.Ils ont apporté une touche personnelle "agricole" à cette croisière. Nous avons dormi à bord trois jours. Dominique et moi avons été dévorés par les moustiques, les guêpes, les fourmis. Les paysans eux n'ont pas été gênés.Ils sont immunisés... Y'a pas de justice.
 Le bateau a enfin été mis à l'eau et nous avons commencé la remontée vers le  Marin en Martinique.Tout a été très facile. Nous sommes remontés par les Grenadines, Saint Vincent et Sainte Lucie. Vous connaissez déjà toutes ces étapes.Mes équipiers étant nouveaux aux Antilles on a pas mal visité :
Saint George's est la capitale de Grenade. L'ambiance y est très agréable.
La présence policière est minimale. Ici le "GPD", le FBI local.

Là c'est le cabinet d'un collègue, spécialisé dans le thorax...
L'habitat est contrasté. A côté des cases, quelques maisons plus cossues :
La navigation n'a pas posé de problèmes, tout le monde ayant déjà beaucoup pratiqué:

Vincent a l'air calme comme ça mais en fait il n'arrête jamais. Faut toujours qu'il fasse quelque chose. Il donne le tournis. Il n'y a que sous les grains de pluie qu'il disparait. Il réapparait dès les dernières gouttes et c'est reparti...
Quelques belles escales. Sandy Island par exemple près de Union :
La pêche a été correcte, sans plus :

Notez les lunettes à la Polnareff de Vincent . Heureusement il les a rapidement perdues.On a bien mangé. Dominique s'est là aussi bien comportée:
Nous avons toujours mangé frais. Les produits locaux sont toujours aussi bons :
Nous sommes tranquillement arrivés au Marin, après avoir passé un excellente soirée invités par des amis de Dominique dans une superbe maison créole à  Grande Anse d'Arlet. Mes équipiers viennent de me quitter et je suis seul pour quelques jours.
Je vous quitte maintenant. J'ai du boulot moi !












mercredi 9 janvier 2013

En caleçon à Grenade...

C'est pas mon jour. Pourtant tout avait bien commencé.
A l'arrivée à l'aéroport du lamantin j'ai croisé des connaissances des Canaries. Eux aussi avaient vu leur vol modifié. Mais Béatrice, la femme de Gérard ( vous suivez j'espère...) ne s'est pas dégonflée contrairement à moi et est parvenue à nous faire partir sur les anciens horaires.
Je suis donc arrivé à 13 heures à la Grenade mais là pas de bagages ! A bord du bateau j'ai le barda complet pour la mer du nord, mais l'équipement tropical ( casque colonial, bottes de cheval, moustiquaire, shorts,  casquettes, manuel de survie en milieu hostile, verroterie pour les indigènes,  jeu de croquet, shaker à cocktail...) est dans mon sac avec pas mal de petit matériel pour le bateau. Bref, c'est pas la joie.
Faut dire que LIAT, la compagnie aérienne, c'est vraiment des flèches. Moins de 10% des passagers ont retrouvé leur bagages ! Une heure et demi de queue pour déclarer la perte... Pour  atteindre un tel niveau d'inefficacité, l'entrainement a du être surhumain . Un vrai challenge ! Faut de la volonté et un vrai chef !
J'ai raconté ma misère aux locaux qui se sont bien marrés...LIAT as usual qu'ils m'ont dit. Ça ne me console pas vraiment....

Et me v'la donc  à la Grenade priant en caleçon pour le retour de mes bagages...A propos c'est bien Saint Antoine pour les objets perdus ?

Ça part très fort...

J'ai pris comme prévu l 'avion à Orly. Cela a bien  commencé : le TGV n'a pas déraillé je ne me suis pas perdu dans le RER, je n'ai pas été agressé dans l'Orlyval, je suis arrivé bien à l'avance à Orly.
Mais là , premier soucis : un mouvement de grève chez Air Caraïbes. Bilan : deux heures de queue et de cohue sous l'œil des CRS. Une fois embarqué, une bonne surprise enfin : je suis, à quelques nourrissons près, le plus jeune dans l'avion pourtant plein. Tout le troisième âge est de sortie ! C'est flatteur mais impossible d'approcher les toilettes pendant le vol, il y a toujours la queue, certaines mêmées y vont en boucle. Elles ont du réserver les WC mais pas de place assise... J'avais de l'espoir avec les vidéos, elles ne pouvaient pas regarder un film et utiliser les toilettes. Déception :la plus part ne s'en sortant pas avec la télécommande s'en est retourné aux toilettes. Faut bien passer le temps...
J'ai fait un petit somme et là, cauchemar, je me réveille en sursaut : j'ai oublié les papiers du bateau à la maison. Bien réveillé, j'ai constaté que c'était vrai...Bien la peine de se moquer des vieux... J'en suis et je perds la boule, comme les autres...
Dès l'arrivée j'ai contacté mon assistance technique, ma dreamteam. Cela devrait s'arranger. Brigitte m'enverra les documents par FedEx.
Je pars tout à l'heure pour la Grenade . Les vols ont été changés et je vais devoir attendre six heures à la Barbade. Dix heures pour 350 km !
Ça commence bien... Il n'y a que de vous savoir sous la pluie qui me console!


lundi 7 janvier 2013

Play it again Sam....

Allez roulez jeunesse , c'est reparti pour un  tour !
Tout est allé très vite depuis mon retour. Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer entre les travaux à la maison, les "vacances" en juin à Belle-Ile , en juillet dans le sud le tout sur fond de vie sociale débridée : j'ai fait la tournée des popotes pour vérifier que j'avais bien manqué à tout le monde ce qui n'est pas certain !
Je rentre à peine de la montagne qu'il me faut repartir  au soleil . Le bagne quoi ! Et personne pour me plaindre...
Je prends l'avion demain matin à Orly direction la Grenade via la Martinique. Arrivée prévue jeudi soir . J'espère retrouver Gabrielle en bon état. Le BASYC ( Bousbecque Antilles Sailing Yacht Club) a fait le plein de clients ( de pigeons ?) et toute la saison est "boockée". Je vous raconterai au fur et à mesure.Une dernière petite chose :

                         

 

 

                             BONNE ANNÉE 2013 !

jeudi 31 mai 2012

C'est pour demain...

Et voila, ça se termine. Je prends l'avion demain matin pour Fort de France puis cela sera Orly et la maison. J'ai fini de préparer le bateau qui va rester au sec jusqu'en janvier. Cela me fait bizarre de l'abandonner : c'est ma maison depuis six mois. J'espère que tout se passera bien et que la saison des cyclones ne sera pas trop brutale.
J'ai très envie de rentrer. Beaucoup de gens et de choses me manquent . Le mal du pays devient obsédant... Je ne suis vraiment pas un solitaire et la mer et les bateaux ne remplacent pas tout, loin de là.
Il  est  trop tôt pour faire un bilan et ce d'autant plus que je commence déjà à penser à la deuxième partie du voyage. Il va y avoir pas mal de choses à prévoir pour organiser le retour de Gabrielle.
Un premier constat  quand même. Ce qui m'aura le plus marqué c'est l'humain. Cette longue navigation m'a permis de découvrir et de redécouvrir des personnes dans des conditions beaucoup plus intimes que dans la vie "normale" à terre : l'espace d'un bateau est tellement compté. Il me chagrinerait beaucoup de ne plus les revoir. Ne serait-ce que cette vielle fripouille de Christian . Trois semaines avec ce type en tête à tête, quand j'y pense ! C'est  sur qu'il  a été racheté par sa fille et sa nièce et j'ai hâte de le retrouver.
Je termine par quelques clichés de mon hôtel à la Sagesse. Il n'y a pas beaucoup de soleil car la saison des pluies vient de commencer, mais c'est pas mal quand même !

mercredi 30 mai 2012

La Sagesse enfin...

Six mois à bourlinguer dans les petites Antilles. 8100 milles nautiques depuis Dunkerque. C'est long mais cela valait le coup : je viens enfin de trouver la Sagesse ! Il était temps, je rentre à la maison dans trois jours. Il faut que je vous raconte ça.
Battling Jo et Yvon la moumoute m'ont comme prévu rejoint au Marin.
Jo c'est le barbu patibulaire. Yves c'est le type sinistre en chapeau de bushman australien et crocks bleues façon dragqueen voulant se viriliser pour se présenter au conseil de révision. Parait que ce genre d'articles se trouve à Décathlon... Je suis inquiet pour l'enseigne...
Nous nous sommes rapidement mis en route pour Grenade, à l’extrême sud des petites Antilles , où j'avais pris rendez-vous depuis février pour mettre le bateau à l'abri des cyclones. C'est une navigation ni longue ni difficile car ce faisant toujours vent portant. Passant par l'archipel des Grenadines elle est en revanche très belle.
Ni Jo ni Yves n'avaient navigué aux Antilles. Je les ai donc faits profiter de mes "contacts":
Par exemple avec Michel,  mon "rastafarian boatboy" de la Soufrière à Saint Lucie. Notez l’intéressant galurin de Jo. Question loock cette équipe n'a pas assuré ! Pour le boulot ils n'ont pas rechigné :
 Le vent a été soutenu entre les iles et la navigation rapide et houleuse dans les canaux . Cela se voit sur la tête d'Yves. Il ne pense pas à son tiers provisionnel, il a juste le mal de mer :
Jo lui a toujours gardé bon pied et bon oeil :
Dans l'eau, Yves s'est bien comporté bien que toujours très curieusement attifé :
Il ne se sépare jamais de ses chaussures. Curieux, elles ne sont pas volables même aux Antilles :
 Je me suis occupé de la cuisine. Pas question de faire confiance à "Laurel et Hardy" pour la tambouille. Il n'y a qu'à observer Yves préparant un concombre . C'est accablant !
Et nous sommes descendus après Sainte Lucie vers Union dans les Grenadines de Saint Vincent.  C'est le bout du monde à l'abri d'une barrière de corail :
Afin de tonifier le moral de l'équipage, j'ai accepté de poser pour eux. Je leur dédicacerai les photos s'ils restent sages jusqu'au retour en France...
On est arrivé ensuite à Cariacou. Là aussi ont est loin de chez soi :


Et puis ça a été Grenade. Nous nous sommes directement rendus au chantier à la pointe sud-est de l'ile :

La côte sud de Grenade s'effiloche dans une série de petits fjords au fond desquels on trouve de bons abris, des "trous à cyclone". L'ennui c'est qu'on est en pleine jungle. Elle commence au cul du bateau et les moustiques transforment ce paradis en enfer :
Jo et Yves m'ont rapidement quitté et j'ai commencé à préparer Gabrielle qui va rester au sec pendant six mois...
Et la sagesse dans tout ça, comment l'ai-je rencontrée ?
Pour me mettre la nuit à l'abri des escadrilles de moustiques, j'ai trouvé un hôtel sur une plage, au lieu dit "la sagesse" et dont les chambres sont climatisées ce qui fait fuir les bestioles.Je vous en enverrai très rapidement quelques clichés, juste pour vous faire baver !