Gabrielle

Gabrielle

vendredi 24 février 2012

L'enfer c'est les autres...

Je suis encore sous le coup de l'émotion et j'envoie ce message à chaud pour me calmer. Je sors tout juste d'un rodéo de mouillage d'anthologie. J'ai vraiment assuré le spectacle cet après-midi ! Encore une prestation de ce niveau et je vais me faire un nom au Marin. Je vous raconte...
Les Alysés sont très fort en ce moment comme je vous l'avez expliqué dans mon dernier message. L'après midi le vent se renforce encore pour se calmer le soir. Je suis donc allé ce matin à la laverie comme prévu avec l'idée de rester à bord le reste de la journée au cas ou. J'ai rangé mon linge et me suis préparé une petite tambouille. Puis, très naturellement, est arrivée l'heure d'une petite sieste bien méritée.
J'ai été réveillé par les cris des voisins. Je monte sur le pont et là, stupeur et consternation ! Des anglais avait mouillé sur mon ancre et s'en sont rapidement rendu compte. Ils ont donc remonté leur ancre qui a embarqué la mienne par son arceau anti-retournement. Plutôt que de réfléchir ils ont mis en avant toute et m'ont trainé par ma chaine sur 400m et on s'est retrouvé au milieu du chenal du marin tenus par nos ancres avec 50m de chaine de mon côté et 15m du sien. C'est là que je suis arrivé sur le pont en caleçon ou plutôt en slip. J'ai récemment changé mes slips kangourou petit bateau en coton ( si confortables mais tellement difficiles à sécher ...) pour des slips en lycra rouge. Ce nouvel équipement m'a permis de sauver la face et de maintenir au top la réputation d'élégance française : tout le monde a pensé que j'étais en maillot de bain. Vous imaginez sans cela dans quelle tenue j'aurais du manœuvrer . Parce que pour la manœuvre c'était pas fini, loin de là !
 J'ai remonté ma chaine me reprochant du bateau anglais. Ils ont fait de même et nous n'étions plus accrochés que par nos ancres , 3m de chaine du côté anglais et 1m du mien.
C'est le moment qu'a choisi le barreur anglais pour nous entrainer dans de grands cercles toujours à fond les gaz tendant les chaines au maximum et interdisant ainsi de décrocher les ancres, et tout cela en plein milieu du chenal avec un vent à 25 nœuds. J'avais beau hurler, rien n'y faisait !Ce faisant son moteur hors bord d'annexe est passé de son balcon sur mon passavant. Pris d'une sainte colère j'ai empoigné le moteur ( un Honda 2cv de 13 kg ) et l'ai balancé au pied du barreur . Cette bordée façon pirate des Caraïbes l'a impressionné et calmé. Faut dire que s'il avait pris l'engin sur la tronche on aurait du appeler le SAMU. Je ne devais pas non plus avoir un regard très amène.Il a  mis son moteur au ralenti et les bateaux face au vent pour nous stopper. J'ai enfin pu dépatouiller les ancres et un quart d'heure plus tard j'étais de nouveau au mouillage.
L'anglais a disparu sans se renseigner sur les conséquences de sa manœuvre : deux de mes chandeliers ont été tordus . Et ils ont brûlé Jeanne d'Arc en plus !Dans le feu de l'action je n'ai pas pensé à noter son nom. Mes voisins de mouillage qui n'ont rien perdu du jet de moteur ont été impressionnés . J'ai bien senti qu'ils étaient à deux doigts de faire la ola .C'est déjà ça !

jeudi 23 février 2012

Retour au Marin...

Mis à l'eau ce matin, j'ai immédiatement appareillé pour la Martinique. J'ai retraversé le canal de Sainte Lucie mais cette fois contre le vent. Et aujourd'hui les alysés poussaient ! La navigation a été courte mais musclée.  Les jours prochains ils seront encore plus puissants et humides et c'est pour cela que je me suis enfuis de Sainte Lucie sans rester pour la "Friday night ", une gigantesque bamboula locale hebdomadaire qui de l'avis de tous vaut le détour. A vrai dire je ne me voyais pas seul parmi les rastamen, carburant aux pétards et au rhum local ( il en vende ici du 80° . La clientèle doit devenir aveugle ! ). Ce sera pour une prochaine fois...
Je suis arrivé au Marin dans un énorme grain. Je n'y voyais absolument rien. J'ai retrouvé le mouillage grâce à la trace enregistrée par le GPS. Une fois mouillé, le beau temps est immédiatement revenu . La loi de l'emmerdement maximum une fois de plus se vérifie. Demain petites courses et grande lessive.
L'huissier de Christian s'est représenté. Son droit de réponse comportait des photos. Le problème c'est que ces clichés je ne les ai pas reçus. J'ai obtenu un sursis . Je tente de me procurer les photos ( Cricri et l'internet c'est comme une vache devant un peigne !) pour les mettre en ligne...

mercredi 22 février 2012

Droit de réponse...

Je viens d'être mis en demeure par huissier d'accorder à Christian un droit réponse aux remarques que j'ai faites sur lui dans un de mes précédents messages. Les menottes au poignet et un pistolet dans le dos je vous livre donc ses réflexions :


Samedi 18 février 2012
Il m’a fallu 10 jours pour écluser ce retour infernal à l’hôpital mais, après tant de commentaires de Michel, je me devais de participer et d’apporter mon témoignage, ne serait-ce que pour rétablir quelques vérités
Je ne connaissais pas Michel et l’avais simplement côtoyé il y a trente ans à Calmette quand il apprenait à faire des nœuds chez le Pr Ribet. Pour çà il a fait des progrès et le médicastre que je suis fut impressionné par la réparation des voiles en pleine mer. La chirurgie lui manquerait-elle ? Ce fut donc une expérience humaine passionnante qui au moins, dans le contexte de la mode de la coopération sanitaire inscrite dans la loi HPST, a pu prouver qu’un chirurgien du privé pouvait fonctionner avec un médecin du public (c’est quand même suffisamment rare pour le signaler). Il faut dire que Michel y a mis du sien et je confirme, pour ceux qui le connaissent, sa gentillesse, sa disponibilité et ses connaissances bibliques dans tous les sens du terme. Je ne rentrerais pas dans le détail de nos conversations multiples mais, nous avons eu largement le temps de confronter nos avis. J’ai été étonné de découvrir sa glorieuse histoire oranaise familiale à laquelle il reste fièrement attaché au point d’en imprégner le bateau (beaucoup de chose, dont le régulateur d’allure s’appelle « Mimille »). A 60 ans passé, il a changé physiquement mais reste persuadé qu’il est bel homme. Je n’ai pas cherché à l’en dissuader de peur de me retrouver sans ciré en quart de nuit (je confirme qu’on s’est vraiment geler les miches) mais quand même il ressemble davantage à un primate bedonnant qu’à un bellâtre. C’est vrai qu’avec ses lunettes du Baccalauréat il a des allures d’Onassis mais je doute que cela lui serve à grand-chose pour draguer les sirènes qu’on a d’ailleurs pas vu beaucoup à ma grande déception. Bref cet érudit du monde turco-mongol et de Brassens détient quand même une force physique impressionnante et la larve musculaire que je suis a eu l’occasion de s’en étonner une paire de fois. La star et le dragon faisait partie de mon adolescence et je ne connaissais que la croisière côtière. J’ai donc appris énormément. Je ne reveindrais pas sur ces commentaires mais nous avons eu vraiment l’impression, surtout les derniers jours, de participer à un championnat du monde de vent arrière ce qui a rendu l’affaire plutôt « Rock and Roll ». Il est vrai que Gabrielle avait pris de la barbe et qu’il était difficile de dépasser les 6 nœuds, d’autant que pour économiser la grand-voile nous étions plutôt trop bordé et ne pouvions utiliser qu’un petit foc de gamin vu que le grand avait explosé au point d’écoute et que nous ne pouvions pas mettre le spi au-dessus de 20 nœuds. Le fait d’être attaché en permanence était aussi une nouveauté qui me faisait parfois réfléchir, la nuit, sur le fait qu’on était un peu pommé, loin de tout, sans secours potentiel immédiat (mais qu’est-ce que je fous là non de diou…). C’est aussi dans ces moments que l’on pense à sa famille et que l’on se rend compte qu’elle représente le centre du monde. Pendant ces 22 jours il ne m’a fait que 2 reproches : celui de m’endormir en moins de 10 secondes et de n’être que peu performant la nuit, pour les manœuvres (un virement de bord improvisé alors qu’il était à l’avant à réduire la toile). Lorsque nous sommes arrivés en Martinique en pleine nuit, j’ai eu l’occasion de me rendre compte qu’en nocturne, lui aussi avait des failles puisqu’il m’avait caché une tare génétique qu’un marin a du mal à avouer. Nous avons failli passer à tribord des feux rouges et à bâbord des feux verts, ce qui n’était d’ailleurs pas très grave puisque les couleurs sont inversées aux Antilles. Bref j’ai eu quand même droit à mon spécial « Mont Blanc » au premier mouillage de St Anne. Une belle amitié est née, je pense.
signé : Dr CRICRI

De marina en marina...

Pour l'instant je ne fais pas vraiment dans l'exotisme. J'ai quitté la marina du Marin pour aller vers celle de Rodney Bay, au nord de l'île de Sainte Lucie qui est elle même immédiatement au sud de la Martinique. Les deux îles sont séparées par un canal d'une trentaine de km, un peu comme le pas de Calais mais sans la brume, le crachin, les cargos .
Le creux du Marin a été très aménagé depuis trente ans et est devenu la plus importante base de plaisance du sud des Antilles.Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on est ici au stade industriel.
Beaucoup de ces bateaux font du charter et ont été financés par des montage de défiscalisation. Il y en a tellement que tous n'ont pas de clients. Mais le Marin ce n'est pas que la marina. Toute la baie est surchargée de bateaux au mouillage. C'est effrayant : il y en a partout !
Vous le voyez, on n'est jamais seul ici et il y a toujours quelque chose qui rappelle la maison. Regardez bien cette photo vous comprendrez ce que je veux dire:
Le petit bourg du Marin sur lequel s'adosse le port est resté très tranquille.
La végétation est partout impressionnante. Faut dire que c'est bien arrosé et plusieurs fois par jour :
Mais en quelques minutes il n'y paraît plus :
 Le plus frappant au Marin est la présence constante de la métropole :des gendarmes ( en short ...) au SAMU en passant par le Macdo et la panneaux de signalisation routière on retrouve tout comme chez nous.
 On est vraiment dans un département français. Des anglais me le faisaient remarquer. Et cette France au soleil les amusent beaucoup ( les pompistes étaient récemment en grève ce qui pour des anglais est très français ! ). La population se sent elle martiniquaise et vous fait souvent remarquer la nuance...Cette différence est elle même très apparente. Les cimetières par exemple :

J'ai quitté le marin pour l'île de Saint Lucie une île "anglaise" comme on dit ici. Elle est indépendante depuis trente ans et là il n'y a rien à attendre de l'ancienne métropole. Je parle sur le plan financier. Pour ce qui est du symbole pas de problème pour envoyer en visite un membre de la famille royale. Cette semaine c'est le Prince Edwards qui est de corvée de serrage de mains pour la fête de l'indépendance. Les sterlings sont eux lâchés avec des élastiques ! Sainte Lucie est donc beaucoup plus pauvre que sa voisine immédiate du nord.
Contrairement au Prince, je suis venu pour travailler : un bon carénage devenait impératif. Encore quelques semaines et le bateau n'aurait plus avancé : la prolifération de coquillages, d'anatifes et d'algues est très rapide dans une eau a 25°. Sainte Lucie étant beaucoup moins chère que la Martinique, j'ai comme beaucoup fait le déplacement.
La marina est construite dans une lagune qui s'ouvre par une passe très étroite sur une grande baie. A peine arrivé dans Rodney Bay, on est abordé  par des marchands locaux de fruits et légumes en barques approximatives et colorées :
Je suis resté deux jours dans la baie. Le mouillage tient bien et n'est pas rouleur. Il y a quand même un mais : j'étais face à une boîte rasta qui inonde la baie de reggae jusque tard dans la nuit. Il a fallu s'y faire !
Le 20 janvier je suis entré dans la marina pour être mis au sec. Le versant nord de la passe est occupée par les "locals" :
Le versant sud est plus classe :


Certains de mes voisins semblent manquer de rien. Curieusement ils n'ont pas cherché à me rencontrer. Pourtant de yachtman à yachtman ...

C'est probablement le fait de m'avoir vu repeindre moi même mon bateau qui les a refroidis :
Et voilà le travail. Avouez que Gabrielle a fière allure repeinte de frais ! Je serai remis à l'eau jeudi. Mercredi est en effet férié ( Independence Day oblige ). Je trouverai bien à m'occuper, j'ai tellement de petits bricolages en retard. Un dernière image pour la route : le petit resto où je casse la graine le midi avec les gens qui bossent au port à sec.
Voilà, c'est juste pour vous rendre jaloux !


vendredi 17 février 2012

Sainte Lucie...

J'ai enfin quitté le Marin. Le bateau semble au mieux. Toutes ces réparations m'ont coûté un bras comme disent les d'jeunes et mes derniers cheveux mais quand on aime ...
Le principal est que tout semble marcher. Je n'aurai plus dès que j'aurai un peu de temps devant moi qu'à changer des câbles d'éoliennes et de panneau solaire qui s'oxydent.
J'ai quitté le Marin ce matin, à la fraiche ( 25° quand même) pour quitter le mouillage par calme quasi plat. Les manœuvres ont été très simples ainsi. La densité de bateaux au mouillage rappelle Porquerolles au 14 juillet. Avec un peu de vent le moindre cafouillage aurait tourné à la partie de bowling : j'étais certain de faire un strike sur les autres bateaux.
La traversée vers Sainte Lucie a été courte est facile par grand beau temps. Je suis à Rodney Bay, un joli mouillage au fond duquel à été bâtie une marina cinq étoiles avec méga-yachts et tout et tout. L'ambiance fait assez cul-serré et j'ai préféré rester à l'ancre. Et c'est gratuit en plus !
Lundi matin je démarre le carénage. J'en aurai pour trois quatre jours. Demain et dimanche visite du bled.
Je ne devrais pas trop m'ennuyer les jours qui viennent.

mercredi 15 février 2012

Faudrait que cela s'arrète...

Depuis que je suis au mouillage les ennuis techniques continuent. Derniers en date le carburateur du moteur de l'annexe est en train de rendre l'âme et surtout, en inspectant les batteries, je me suis aperçu que le bac de l'une d'entre elles étaient percé. Heureusement le bac étanche de sécurité a évité que l'acide ne se répande dans le bateau. Résultats des courses : un carbu commandé à Dunkerque et qui devrait arriver un de ces quatre ( pas de revendeur Honda dans les îles françaises) et 4 nouvelles batteries pour le bateau ( les batteries se changent toutes à la fois...). Faudrait que cela s'arrête maintenant car le 17 ou le 18 je dois aller à Sainte Lucie,à 25 milles nautiques au sud de la Martinique, où j'ai rendez vous pour mettre Gabrielle au sec pour un carénage bien mérité.Je ne perds pas espoir mais je commence à me lasser. Il me tarde de reprendre la mer,même pour une petite étape.
Ensuite ce sera un retour au Marin où j’accueillerai  mes premiers visiteurs . Vivement que je me resocialise! Je cours les rue à la recherche de matériel et je n'ai pas toujours le temps de me changer entre deux bricolages. Mon loock légendaire se dégrade ! Les touristes sont à deux doigts de me donner la pièce certains jours...
J"ai fait quelques photos du coin que je mettrai en ligne dès que la connexion sera bonne.Ne vous impatientez pas, le Marin n'a rien de très excitant...

dimanche 12 février 2012

Escale au Marin...



Je suis seul depuis le départ de Christian . N'ayant aucune vocation pour la solitude, le moins que puisse dire et que cela fait bizarre.
La journée cela va encore. J'ai été extrêmement occupé ces derniers jours avec la réparation des voiles, la commande d'un bimini ( c'est un sorte de tente dépliable au dessus du cockpit pour se protéger du soleil qui tape très dur ici ), des achats de petit matériel qui n'a pas tenu la traversée et surtout la réparation du moteur qui a demandé deux jours. Tout venait de la présence d'eau dans le fioul chargé à Ténérife, au moins 50 l dans un réservoir de 175 ! C'est sur avec de l'eau dans le gaz les moteurs marchent beaucoup moins bien ! La vidange du réservoir a été un travail de romain et je ne vous parle pas de l'odeur... Mais cette occupation frénétique ( aux critères locaux …) a eu au moins un avantage : les journées passaient vite.
Le problème c'est le soir. La nuit tombe très vite peu après six heures . C'est là qu'on se sent seul. Les premiers jours je me couchait à sept heures. Le problème de cette méthode c'est que je me réveillais à trois heures du matin , je ne faisais que retarder l'ennui. Alors je me suis recadré sur les horaires « légaux ». Beaucoup de gens sont seuls sur les bateaux et souvent depuis des années. J'ai donc fréquenté un soir ou deux le bar que fréquente les gens de bateau , le Mango Bay ( on dit le « Mango » ). Comme dans les pub anglais on y pratique l'happy hour, c'est a dire que de 6 à 7 heures pour une boisson achetée on en a une autre gratuite. Le vendredi c'est la bière, le samedi le ti-ponch etc... Mais pas de breuvage non alcoolisé durant cette heure « joyeuse », que de la bibine. Faut faire attention à ce régime de ne pas sombrer dans les travers du capitaine Haddock ! Mais cela dit l'ambiance est sympathique et j'ai rencontré des gens qui roulent leur bosse depuis plus de dix ans aux petites Antilles et en connaissent tout. Je l'ai ai beaucoup interrogés pour tenter de diminuer le nombre d'erreurs que je vais très certainement faire en siphonnant leur expérience . On y rencontre aussi des vacanciers. J'ai sympathisé hier avec deux très sympathiques jeunes allemands avec lesquels j'ai discuté en anglais fort tard. Le fait de parler anglais ralenti le rythme des débats et fait passer le temps. C'est bien pratique quand on a rien d'autre à faire ! Faut que je rencontre des moldo-valaques ou des ousbèques ne parlant pas anglais. La discussion en langue des signes sera encore plus longue !
Mais de retour au bateau, le mal du pays revient très vite. Du fait du décalage horaire je me connecte avec la maison vers 15 heures et le soir il n'y a plus rien à faire qu'attendre le petit matin en dormant le mieux possible. J'appelle aussi les amis. Les entendre est un des mes grands plaisirs ici. J'espère que je leur casse pas trop les pieds. J'étais jusqu'ici plus connu pour mes coups de fil lapidaires.
Dormir n'est pas simple. Bien que les locaux se plaignent du froid ( ? ) il fait chaud et humide la nuit et j'ai du mal à m'endormir. N'allez pas croire pourtant que j'envie vos températures sibériennes ! Tout le monde ici se plaint du temps : les Alysés sont puissants et chargés de pluie cette année. La violence des averses est impressionnante et quand il pleut tout s'arrête dans les rues. J'ai tenté de continuer de marcher sous la pluie. J'ai vite compris et je suis rentré au bateau à la nage pour me changer...
Le moteur réparé je me suis fait virer du port qui attend l'arrivée d'une centaine de bateaux de course. La « transquadra » (une transat pour amateurs de plus de 40 ans )se termine en effet ce week end au Marin et le port a besoin de toutes les amarrages disponibles. Je me suis trouvé une place au mouillage devant le « leader price » local. Les va et vient en annexes seront comme cela plus courts. Cette manœuvre de mouillage a été ma première expérience en solitaire. J'étais tellement contracté dans la préparation de l'ancre que je me suis planté à petite vitesse sur un banc de vase. Je me suis dégagé sans trop de soucis.
Le mouillage est calme mais très fréquenté comme tous les mouillages de la baie du Marin. J'ai mis l'annexe à l'eau et remis le hors bord en état de marche . J'ai terminé en rangeant le bateau qui me semble maintenant très propret. Mais Brigitte ,si était là , trouverait probablement à redire sur l'ordre et la propreté du carré.
Dimanche tout sera fermé mais j'ai tellement de petites chose à faire avant de partir pour Saint Lucie où je carénerai le bateau que je risque surtout de manquer de temps. J'ai prévu aussi de faire quelques photos . Vous les verrez bientôt.

jeudi 9 février 2012

Quelques photos maintenant...

Au tout début, Christian se la jouait façon Captain Kidd. La situation s'est rapidement normalisée :
Je l'ai toujours eu à l’œil. Le cadrage de cette photo qu'il a tirée de moi vous en dira plus : Cricri a un problème de coordination spatiale !

Je l'ai donc pris en main . La pêche par exemple. Cricri ne pêche que le poisson volant.La technique est simple : attendre que le poisson saute sur le pont . A mon contact il s'est virilisé :

Avouez qu'il y a du mieux, mille sabords !
Pour la cuisine, il a été très bien, imaginatif, professionnel, très cohérent :

Je l'ai quand même toujours surveillé : ce type est néphrologue donc du coté obscure de la force :
Comme il est naîf, il ne s'est aperçu de rien ! En quelques jours son loock s'est vraiment amélioré. Fini l’intellectuel décadent :
La mer maintenant. En principe les Alysés c'est comme ça :

Mais nous ça souvent été comme cela. Il y eu maldonne dans la commande :
L'un dans l'autre on a fini par arriver. TERRE ! TERRE !
On a mouillé de nuit à Sainte Anne et en se réveillant :
Et voilà comment se passe une transat. Comme le dit mystérieusement Christian : et une carte de plus dans le jeu à Truffaut ! ( ??? ).





mercredi 8 février 2012

une transat...

Une Transat...

Ça fait bizarre d'être arrivé aussi loin, au Marin, en Martinique. Toute cette énorme préparation, de l'achat d'un nouveau bateau à celui de la dernière boite de conserve et des pièces de rechange, l'étude depuis si longtemps d'ouvrages nautiques , les techniques bien sur mais aussi et surtout les récits de voyage, ceux qui alimentent les rêves et font sauter le pas, tout cela pour en arriver là : me voilà aux Antilles dans une gigantesque marina qui n'a rien d'exotique.
Cela ne s'est pas fait tout seul. Il y a eu d'abord la « marche d'approche » de Dunkerque aux Canaries via les Açores. Cela a permis une mise en jambe et l'amélioration du bateau et de l'équipage. Mais les Canaries cela reste près de la maison. La Martinique c'est vraiment beaucoup plus loin...
Je suis revenu aux Canaries au début janvier pour avitailler « Gabrielle » et attendre Christian Noël qui avait décidé de m'accompagner. Venant du monde de la régate en Star et en Dragon, il changeait vraiment d'univers. Ne pouvant traverser seul, je n'ai rien fait ou dit qui pouvait le faire reculer. Il allait devoir s'adapter. Si j'étais moi en bonne forme, lui en revanche était fatigué ayant beaucoup travaillé à l'hôpital jusqu'à la dernière minute.
Après quelques péripéties que vous avez suivies ( Vendredi 13 !) on a enfin pu appareiller cap vers le nord ouest des iles du Cap Vert pour aller chercher les Alizés. Les fichiers météo étaient formels : on aurait un vent d'Est soutenu la première semaine. Le vent a été au rendez vous et nous a bien poussé. Cette semaine de descente vers le sud a permis de trouver notre rythme de vie et de régler les quarts, les horaires de repas, de trouver ses marques sur le bateau. On pensait avoir de plus en plus chaud mais pour le compte on a été déçus : pas question de quitter les cirés la nuit qui est demeurée très fraiche même au large de la Maurétanie. Y a plus de saison ma bonne Dame... Tous les jours à 18H françaises c'était le message spot. A 2OH appel à la maison par téléphone satellite. L'Iridium c'est vraiment quelque chose. Pouvoir téléphoner chez soi au milieu de nulle part a quelque chose d'irréel . Car le plus fort c'est que cela marche ! La balise spot a eu quelques ratés, mais l'Iridium lui, c'est du solide. Jamais de soucis. On a pu ainsi rassurer nos proches mais cela ne va pas sans inconvénient : cela aggrave, en tout cas pour moi, le mal du pays. On a rien sans rien.
C'est durant cette partie de la traversée que le vent a été le plus fort. Cela n'a pas été une gène au contraire : un bateau ne marche jamais aussi bien que quand il est puissant. C'est là aussi qu'on a eu nos premiers ennuis. Dans un gros grain de nuit qu'on a pas vu venir on a déchiré le point d'écoute de notre plus grand foc qui allait bien manquer ensuite . Premiers soucis aussi avec l'enrouleur dont le bout de commande a constamment eu tendance a surpater au vent arrière ( ça fait des nœuds et ça bloque tout ). L'enrouleur c'est complètement bloqué au soir tombant par un vent de 32 nœuds. Il a fallu deux bonnes heures pour s'en sortir au prix d'un total épuisement. Le reste de la nuit a été très calme et au petit matin il n'y paraissait plus. Ce test d'effort a confirmé que nous n'étions ni l'un ni l'autre coronariens...
Et nous sommes arrivés dans les Alysés. Je pensais que cela allait être le paradis. Ça n'a pas été l'enfer mais rien à voir avec ce que j'avais rêvé : marche rapide sans réglages du bateau, repos, lecture, bonne bouffe. Le vent a toujours été très instable en force et en direction obligeant à de très fréquentes manœuvres . La mer qui jusque là avait été très forte mais organisée est devenue plus chaotique avec plusieurs direction de vagues. Le vent étant moins soutenu et le bateau moins appuyé la progression a souvent été inconfortable mais il a fallu faire avec. On a même eu un journée de calme plat complet, non prévue par les fichiers météo. On s'est retrouvé comme sur un lac au milieu de l'Atlantique. On a fait un peu de moteur ce jour là et qui dit moteur dit douche chaude. Cela n'a l'air de rien, mais quel bonheur !
Les derniers mille milles plein vent arrière ont été les plus plus pénibles . On a tout essayé pour améliorer notre moyenne mais rien n'y a fait, il a fallu être patient. Cette allure a abimé la grand voile par ragage ( usure par frottement ). J'ai passé pas mal de temps à la couture . Toute mes réparations ont bien tenu et j'en suis très fier.
La pêche a bien marché. La plus grosse dorade faisait 88 cm. Deux gigantesques repas ! On en pouvait plus. Christian qui cuisine bien a fait des merveilles. Un vrai restaurant !
Nous avons vu la Martinique en fin d'après midi et nous sommes arrivés de nuit. Nous avons mouillé à Sainte Anne, au sud de l'ile juste avant le marin après 22 jours de mer. Ce mouillage est très calme . Plus rien ne bougeait à bord, c'était étrange.
24 heures avant d'arriver j'ai fait un test moteur et paf, repanne ! Le fuel du réservoir babord chargé à Ténérife était corrompu. Il a fallu tout purger ce qui est facile au port, moins en mer. Le deuxième réservoir a permis de remettre le moteur en route.
Après une nuit à Sainte Anne, nous sommes entrés au Marin et là, dès l'arrivée, il a fallu contacter un voilier, un motoriste pour réparer au plus vite. Tout devrait être fait dans les jours qui viennent.
Nous sommes arrivés dimanche et Christian qui a pris l'avion dès mardi soir n'a pas pu profiter de la Martinique. A l'heure ou j'écris il est déjà en France et va reprendre immédiatement le travail. Ça va être difficile pour lui les premiers jours !
On s'est très bien entendu à bord durant toute la traversée et il va me manquer. Je vais être seul jusqu'à la fin du mois et cela m'inquiète.
J'enverrai bientôt d'autres messages. Comme cela je me sentirai moins seul...

lundi 6 février 2012

22 jours....

Et voilà, nous sommes arrivés. 22 jours de mer qui ont paru longs vers la fin ( c'est comme l'éternité qui est aussi très longue vers la fin ).
 Nous sommes au Marin en Martinique. Il fait très chaud, il y a des cocotiers etc, etc...Christian repart demain. Je serai plus disert dans mon prochain message mais l'internet local est du type "à pédales". Je trouverai une meilleure connexion plus tard.