Gabrielle

Gabrielle

dimanche 12 février 2012

Escale au Marin...



Je suis seul depuis le départ de Christian . N'ayant aucune vocation pour la solitude, le moins que puisse dire et que cela fait bizarre.
La journée cela va encore. J'ai été extrêmement occupé ces derniers jours avec la réparation des voiles, la commande d'un bimini ( c'est un sorte de tente dépliable au dessus du cockpit pour se protéger du soleil qui tape très dur ici ), des achats de petit matériel qui n'a pas tenu la traversée et surtout la réparation du moteur qui a demandé deux jours. Tout venait de la présence d'eau dans le fioul chargé à Ténérife, au moins 50 l dans un réservoir de 175 ! C'est sur avec de l'eau dans le gaz les moteurs marchent beaucoup moins bien ! La vidange du réservoir a été un travail de romain et je ne vous parle pas de l'odeur... Mais cette occupation frénétique ( aux critères locaux …) a eu au moins un avantage : les journées passaient vite.
Le problème c'est le soir. La nuit tombe très vite peu après six heures . C'est là qu'on se sent seul. Les premiers jours je me couchait à sept heures. Le problème de cette méthode c'est que je me réveillais à trois heures du matin , je ne faisais que retarder l'ennui. Alors je me suis recadré sur les horaires « légaux ». Beaucoup de gens sont seuls sur les bateaux et souvent depuis des années. J'ai donc fréquenté un soir ou deux le bar que fréquente les gens de bateau , le Mango Bay ( on dit le « Mango » ). Comme dans les pub anglais on y pratique l'happy hour, c'est a dire que de 6 à 7 heures pour une boisson achetée on en a une autre gratuite. Le vendredi c'est la bière, le samedi le ti-ponch etc... Mais pas de breuvage non alcoolisé durant cette heure « joyeuse », que de la bibine. Faut faire attention à ce régime de ne pas sombrer dans les travers du capitaine Haddock ! Mais cela dit l'ambiance est sympathique et j'ai rencontré des gens qui roulent leur bosse depuis plus de dix ans aux petites Antilles et en connaissent tout. Je l'ai ai beaucoup interrogés pour tenter de diminuer le nombre d'erreurs que je vais très certainement faire en siphonnant leur expérience . On y rencontre aussi des vacanciers. J'ai sympathisé hier avec deux très sympathiques jeunes allemands avec lesquels j'ai discuté en anglais fort tard. Le fait de parler anglais ralenti le rythme des débats et fait passer le temps. C'est bien pratique quand on a rien d'autre à faire ! Faut que je rencontre des moldo-valaques ou des ousbèques ne parlant pas anglais. La discussion en langue des signes sera encore plus longue !
Mais de retour au bateau, le mal du pays revient très vite. Du fait du décalage horaire je me connecte avec la maison vers 15 heures et le soir il n'y a plus rien à faire qu'attendre le petit matin en dormant le mieux possible. J'appelle aussi les amis. Les entendre est un des mes grands plaisirs ici. J'espère que je leur casse pas trop les pieds. J'étais jusqu'ici plus connu pour mes coups de fil lapidaires.
Dormir n'est pas simple. Bien que les locaux se plaignent du froid ( ? ) il fait chaud et humide la nuit et j'ai du mal à m'endormir. N'allez pas croire pourtant que j'envie vos températures sibériennes ! Tout le monde ici se plaint du temps : les Alysés sont puissants et chargés de pluie cette année. La violence des averses est impressionnante et quand il pleut tout s'arrête dans les rues. J'ai tenté de continuer de marcher sous la pluie. J'ai vite compris et je suis rentré au bateau à la nage pour me changer...
Le moteur réparé je me suis fait virer du port qui attend l'arrivée d'une centaine de bateaux de course. La « transquadra » (une transat pour amateurs de plus de 40 ans )se termine en effet ce week end au Marin et le port a besoin de toutes les amarrages disponibles. Je me suis trouvé une place au mouillage devant le « leader price » local. Les va et vient en annexes seront comme cela plus courts. Cette manœuvre de mouillage a été ma première expérience en solitaire. J'étais tellement contracté dans la préparation de l'ancre que je me suis planté à petite vitesse sur un banc de vase. Je me suis dégagé sans trop de soucis.
Le mouillage est calme mais très fréquenté comme tous les mouillages de la baie du Marin. J'ai mis l'annexe à l'eau et remis le hors bord en état de marche . J'ai terminé en rangeant le bateau qui me semble maintenant très propret. Mais Brigitte ,si était là , trouverait probablement à redire sur l'ordre et la propreté du carré.
Dimanche tout sera fermé mais j'ai tellement de petites chose à faire avant de partir pour Saint Lucie où je carénerai le bateau que je risque surtout de manquer de temps. J'ai prévu aussi de faire quelques photos . Vous les verrez bientôt.

jeudi 9 février 2012

Quelques photos maintenant...

Au tout début, Christian se la jouait façon Captain Kidd. La situation s'est rapidement normalisée :
Je l'ai toujours eu à l’œil. Le cadrage de cette photo qu'il a tirée de moi vous en dira plus : Cricri a un problème de coordination spatiale !

Je l'ai donc pris en main . La pêche par exemple. Cricri ne pêche que le poisson volant.La technique est simple : attendre que le poisson saute sur le pont . A mon contact il s'est virilisé :

Avouez qu'il y a du mieux, mille sabords !
Pour la cuisine, il a été très bien, imaginatif, professionnel, très cohérent :

Je l'ai quand même toujours surveillé : ce type est néphrologue donc du coté obscure de la force :
Comme il est naîf, il ne s'est aperçu de rien ! En quelques jours son loock s'est vraiment amélioré. Fini l’intellectuel décadent :
La mer maintenant. En principe les Alysés c'est comme ça :

Mais nous ça souvent été comme cela. Il y eu maldonne dans la commande :
L'un dans l'autre on a fini par arriver. TERRE ! TERRE !
On a mouillé de nuit à Sainte Anne et en se réveillant :
Et voilà comment se passe une transat. Comme le dit mystérieusement Christian : et une carte de plus dans le jeu à Truffaut ! ( ??? ).





mercredi 8 février 2012

une transat...

Une Transat...

Ça fait bizarre d'être arrivé aussi loin, au Marin, en Martinique. Toute cette énorme préparation, de l'achat d'un nouveau bateau à celui de la dernière boite de conserve et des pièces de rechange, l'étude depuis si longtemps d'ouvrages nautiques , les techniques bien sur mais aussi et surtout les récits de voyage, ceux qui alimentent les rêves et font sauter le pas, tout cela pour en arriver là : me voilà aux Antilles dans une gigantesque marina qui n'a rien d'exotique.
Cela ne s'est pas fait tout seul. Il y a eu d'abord la « marche d'approche » de Dunkerque aux Canaries via les Açores. Cela a permis une mise en jambe et l'amélioration du bateau et de l'équipage. Mais les Canaries cela reste près de la maison. La Martinique c'est vraiment beaucoup plus loin...
Je suis revenu aux Canaries au début janvier pour avitailler « Gabrielle » et attendre Christian Noël qui avait décidé de m'accompagner. Venant du monde de la régate en Star et en Dragon, il changeait vraiment d'univers. Ne pouvant traverser seul, je n'ai rien fait ou dit qui pouvait le faire reculer. Il allait devoir s'adapter. Si j'étais moi en bonne forme, lui en revanche était fatigué ayant beaucoup travaillé à l'hôpital jusqu'à la dernière minute.
Après quelques péripéties que vous avez suivies ( Vendredi 13 !) on a enfin pu appareiller cap vers le nord ouest des iles du Cap Vert pour aller chercher les Alizés. Les fichiers météo étaient formels : on aurait un vent d'Est soutenu la première semaine. Le vent a été au rendez vous et nous a bien poussé. Cette semaine de descente vers le sud a permis de trouver notre rythme de vie et de régler les quarts, les horaires de repas, de trouver ses marques sur le bateau. On pensait avoir de plus en plus chaud mais pour le compte on a été déçus : pas question de quitter les cirés la nuit qui est demeurée très fraiche même au large de la Maurétanie. Y a plus de saison ma bonne Dame... Tous les jours à 18H françaises c'était le message spot. A 2OH appel à la maison par téléphone satellite. L'Iridium c'est vraiment quelque chose. Pouvoir téléphoner chez soi au milieu de nulle part a quelque chose d'irréel . Car le plus fort c'est que cela marche ! La balise spot a eu quelques ratés, mais l'Iridium lui, c'est du solide. Jamais de soucis. On a pu ainsi rassurer nos proches mais cela ne va pas sans inconvénient : cela aggrave, en tout cas pour moi, le mal du pays. On a rien sans rien.
C'est durant cette partie de la traversée que le vent a été le plus fort. Cela n'a pas été une gène au contraire : un bateau ne marche jamais aussi bien que quand il est puissant. C'est là aussi qu'on a eu nos premiers ennuis. Dans un gros grain de nuit qu'on a pas vu venir on a déchiré le point d'écoute de notre plus grand foc qui allait bien manquer ensuite . Premiers soucis aussi avec l'enrouleur dont le bout de commande a constamment eu tendance a surpater au vent arrière ( ça fait des nœuds et ça bloque tout ). L'enrouleur c'est complètement bloqué au soir tombant par un vent de 32 nœuds. Il a fallu deux bonnes heures pour s'en sortir au prix d'un total épuisement. Le reste de la nuit a été très calme et au petit matin il n'y paraissait plus. Ce test d'effort a confirmé que nous n'étions ni l'un ni l'autre coronariens...
Et nous sommes arrivés dans les Alysés. Je pensais que cela allait être le paradis. Ça n'a pas été l'enfer mais rien à voir avec ce que j'avais rêvé : marche rapide sans réglages du bateau, repos, lecture, bonne bouffe. Le vent a toujours été très instable en force et en direction obligeant à de très fréquentes manœuvres . La mer qui jusque là avait été très forte mais organisée est devenue plus chaotique avec plusieurs direction de vagues. Le vent étant moins soutenu et le bateau moins appuyé la progression a souvent été inconfortable mais il a fallu faire avec. On a même eu un journée de calme plat complet, non prévue par les fichiers météo. On s'est retrouvé comme sur un lac au milieu de l'Atlantique. On a fait un peu de moteur ce jour là et qui dit moteur dit douche chaude. Cela n'a l'air de rien, mais quel bonheur !
Les derniers mille milles plein vent arrière ont été les plus plus pénibles . On a tout essayé pour améliorer notre moyenne mais rien n'y a fait, il a fallu être patient. Cette allure a abimé la grand voile par ragage ( usure par frottement ). J'ai passé pas mal de temps à la couture . Toute mes réparations ont bien tenu et j'en suis très fier.
La pêche a bien marché. La plus grosse dorade faisait 88 cm. Deux gigantesques repas ! On en pouvait plus. Christian qui cuisine bien a fait des merveilles. Un vrai restaurant !
Nous avons vu la Martinique en fin d'après midi et nous sommes arrivés de nuit. Nous avons mouillé à Sainte Anne, au sud de l'ile juste avant le marin après 22 jours de mer. Ce mouillage est très calme . Plus rien ne bougeait à bord, c'était étrange.
24 heures avant d'arriver j'ai fait un test moteur et paf, repanne ! Le fuel du réservoir babord chargé à Ténérife était corrompu. Il a fallu tout purger ce qui est facile au port, moins en mer. Le deuxième réservoir a permis de remettre le moteur en route.
Après une nuit à Sainte Anne, nous sommes entrés au Marin et là, dès l'arrivée, il a fallu contacter un voilier, un motoriste pour réparer au plus vite. Tout devrait être fait dans les jours qui viennent.
Nous sommes arrivés dimanche et Christian qui a pris l'avion dès mardi soir n'a pas pu profiter de la Martinique. A l'heure ou j'écris il est déjà en France et va reprendre immédiatement le travail. Ça va être difficile pour lui les premiers jours !
On s'est très bien entendu à bord durant toute la traversée et il va me manquer. Je vais être seul jusqu'à la fin du mois et cela m'inquiète.
J'enverrai bientôt d'autres messages. Comme cela je me sentirai moins seul...

lundi 6 février 2012

22 jours....

Et voilà, nous sommes arrivés. 22 jours de mer qui ont paru longs vers la fin ( c'est comme l'éternité qui est aussi très longue vers la fin ).
 Nous sommes au Marin en Martinique. Il fait très chaud, il y a des cocotiers etc, etc...Christian repart demain. Je serai plus disert dans mon prochain message mais l'internet local est du type "à pédales". Je trouverai une meilleure connexion plus tard.

samedi 14 janvier 2012

C'esr reparti !

Fin de la malédiction du vendredi 13.Le moteur vient de repartir. Le mécano anglais et venu , un type vraiment sympa qui est arrivé aux Canaries en partance de la côte ouest de l’Écosse à la voile au mois de Novembre ! Il n'y a que les anglais pour faire ça .
La panne, minime ( 20€ ) était traitresse. Une bulle d'air dans le circuit par un collier inaccessible donc mal serré et qu'il a été difficile d'évacuer. Je ne rentre pas dans les détails techniques : des femmes lisent ce blog !
Bref, moral au beau fixe . On part tout à l'heure.
Hardi les gars vire au guindeau, goodbye farewell ...

vendredi 13 janvier 2012

Malédiction du Vendredi 13 ...

Je n'y croyais vraiment pas au Vendredi 13 . Là pour le coup je vais devenir superstitieux !
Ce matin, nous nous sommes réveillés à l'aube, l'excitation du départ sans doute. Celui ci était prévu vers huit heures. Nous avions un peu de retard mais le bateau semblait fin prêt. J'ai fait chauffer le moteur un bon quart d'heure, testé l'inverseur ( l'embrayage et la boite de vitesse des voitures) , pas de problème.
Le moteur chaud nous avons largué les amarres sauf une que tenait du ponton Christian qui repoussait le bateau est s'apprêtait à monter à bord. Je mets en marche arrière lente et après deux mètres de marche arrière  le moteur cale brutalement avec un bruit très sec. Je le relance une fois, il recale et ne repart plus.
On s'est ré-amarré en catastrophe. Nouvel essai du moteur : plus rien !
J'ai plongé sous le bateau pour vérifier que l'hélice n'était pas bloquée, vérifié les quelques petites choses que je connais des moteurs comme l'arrivée de fuel. Il a fallu se rendre à l'évidence, c'est la panne. Le bruit sec que j'ai entendu m'inquiète beaucoup. C'est probablement la grosse panne ...J'ai pris contact avec un mécano anglais dont les gens d'ici disent du bien. Il vient demain à 10 heures.
Là le coup est rude. Un moteur c'est toujours arrangeable mais pas à n'importe quel prix et surtout pour ces moteurs marins dans des délais souvent très longs.
Cette histoire risque de compromettre l'ensemble du projet. Si la réparation dure trop longtemps, Christian devra repartir. S'il repart , comment trouver un équipier pour la traversée etc...Si les dominos continuent de tomber je risque d'être bloqué aux Canaries ce qui ne m'enchante pas du tout .Je suis effondré, KO debout ! Il n'y plus qu'à attendre le mécano pour le diagnostic.... Vendredi 13 !

jeudi 12 janvier 2012

Faut oser !

On part demain, un vendredi et un vendredi 13 ! Cela va nous porter chance j'en suis sur vu le nombre de gens qui tenteront leur chance demain au loto. Et puis je ne suis pas superstitieux, alors...
Christian en arrivé en ordre de marche ce matin. Il avait oublié l'adresse du port et même le nom de la ville de Las Galletas. Il s'en est sorti grâce à un ravissante et très jeune chauffeuse de taxi. Il s'est pointé la chemise couverte de café . Une fausse manœuvre d'une hôtesse de l'air à ses dires. Elle a du se débattre plutôt ! Cette traversée devrait le calmer.
On a terminé la mise au point du bateau cet après midi et maintenant c'est décidé, départ demain.
Plus de messages donc pendant 20 à 24 jours. Soyez patients....

mercredi 11 janvier 2012

En attendant Cricri....

Voilà, je viens de finir l'avitaillement. Tout est rangé, ça flotte toujours et j'ai tout repéré sur un plan. Le problème c'est que je ne le retrouve plus ce fichu plan ! Il devrait réapparaitre car il n'a pas pu quitter (abandonner ?) le bateau.Faut vraiment que je mette la main dessus sinon faire à manger va tenir du loto...
Les dernières courses ont été pénibles, surtout que je me suis fait emboutir l'arrière par un malfaisant alors que le coffre était plein et que je rentrais au port. Le hayon s'est bloqué ce qui n'a pas facilité le déchargement .
J'ai un seul bricolage en retard que j'espère régler avant d'appareiller : l'installation d'un nouvel auto-radio avec prise USB en façade. Je l'ai promis à Christian qui va amener sa musique. La mienne ne plairait pas à tout le monde. Pourtant c'est pas mal la country ...
En parlant de Cricri, il arrive demain en fin de matinée. Son dernier mail m'a surpris : il m'appelle "sa biche". Curieuse façon de s'exprimer pour un père de famille occupant de hautes fonctions. Indépendamment d'un manque de respect caractérisé qui ne peut pas vous avoir échappé, il ne faudrait pas qu'il se trompe sur la marchandise. Pas de ça chez moi , mille sabords ! Surtout pour un trajet de plus de trois semaines. Je l'ai remis au pas sèchement, en lui rappelant que j'étais connu dans tous les ports et sur tous les pontons et qu'il n'était pas question que je déçoive mes admirateurs. Non mais !
On ne sera pas trop de deux demain pour terminer la mise au point de Gabrielle. Fini le shopping , les choses sérieuses vont commencer !

mardi 10 janvier 2012

Un lien amusant....

http://share.findmespot.com/shared/faces/viewspots.jsp?glId=0kB3jlHCIRh7mJ3zjL1ojqUPpy2PoNpq
En cliquant sur ce lien ou en le copiant-colant  sur votre navigateur si cela ne fonctionne pas, vous pourrez suivre la progression de Gabrielle sur Google Map. Si tout va bien et que la balise ne s'avère pas capricieuse, cela devrait marcher. Ne vous inquiétez pas quand même si le bateau ne semble plus avancer ce qui arrivera en cas de plantage électronique , cette balise n'est pas la balise principale de secours du bateau qu'il elle ne sera activée quand cas de (grosse) catastrophe ! C'est juste pour le fun !
J'ai envoyé une première position, ce serait pas mal si quelqu'un d'entre vous testait ce lien et envoyait un commentaire. Je serai sur que cela fonctionne bien.
Un petit mot maintenant sur la route . Il ne s'agit pas d'une ligne droite jusqu'aux Antilles façon cargo. Il faut suivre le vent et aller chercher les Alysées , les tradewinds des anglais. Pour cela la route comportera deux parties : une descente sud ouest jusqu'au large des îles du Cap Vert et une fois dans leur nord-ouest cap à l'ouest sur le16° nord.
N'oubliez pas qu'un bateau à voile c'est très lent :  6 nœuds* de moyenne  serait très rapide, la moyenne habituelle tournant autour de5,3 à 5,5 nœuds . Rien à voir avec le trophée Jules Vernes .A cette vitesse il y en aura pour trois semaines ! Vous allez vite vous ennuyer si vous suivez notre route tous les jours . Allez sur le lien une fois de temps en temps, vous aurez comme l'impression que cela bouge.
Si je n'ai pas été clair, envoyez un commentaire, j'essaierai de m'améliorer.
* un noeud = 1852m par heure

lundi 9 janvier 2012

Avitaillement suite et malheureusement pas fin ....

Plus j'en fait et plus il y a en a faire. Être à deux ne diminue par deux les efforts mais au moins par trois.
Dimanche matin j'ai fini la préparation de la coque. J'ai plongé pendant près de trois heures. Pour cela, en plus de mes deux bouteilles de petites taille j'en ai loué une mahousse. Tant qu'on est dans l'eau tout se passe bien. Le problème c'est qu'en on en sort. La fatigue m'est tombée dessus comme une masse et par derrière. Après avoir rincé le matériel je me suis dit que je ferai bien une petite sieste. J'ai dormi quatre heures...Au réveil je n'étais visiblement pas  bien lucide. J'ai fait un essai de moteur en oubliant dans l'eau le bout de sécurité dont je me sert en plongée. Il est maintenant autour de l'hélice ! Faut que je replonge alors que tous le matos est bien rincé et rangé dans les coffres . Quand on a pas de tête, faut du souffle...
Aujourd'hui , je poursuis l'avitaillement . Ouverture de la chasse au pinard, au rhum est au whisky ! Je vais emporter pas mal de vin. Si on ne boit pas tout, ce qui restera servira aux Antilles de monnaie d'échange ou de petits cadeaux. On ne trouve ici que du vin espagnol que je connais absolument pas et je vais donc me fournir au hasard.Après dix jours de mer tous les vins paraissent merveilleux. Je le sais d'expérience. Pour le rhum c'est plus facile. J'en emporte un minimum pour la traversée. Il parait que sur place on trouve tout ce qu'il faut. Pour le whisky, c'est plus compliqué. Christian qui est amateur m'a fait avant de partir un tas de recommandations : pas de whisky trop jeune, trop tourbé ( ? ), pour l'irlandais prendre du Paddy de préférence au Jameson, la qualité doit  primer sur la qualité etc...Le problème c'est qu'aux Canaries le whisky s'est pour se pintocher à bas prix ( faut voir les russes en vacances...). Question  marques c'est beaucoup plus Captain Bill et Lord Tartemol que black label , pure malt et douze ans d'age ! Enfin, je vais me débrouiller...Il ne me restera plus ensuite qu'à acheter du frais. Je le ferai au dernier moment.Je teste tous les jours des fromages locaux sous vide pour acheter le moins mauvais. Il est difficile de demander dans le même temps à un from'ton  de se conserver trois mois et d'être goûtu. Ça va être comme pour le pinard, après quelques jours tout paraitra bon...
Il faut que je trouve aussi les pavillons des différentes îles que je vais visiter. Les petits pays sont très sensibles aux pavillons de courtoisie hissés avec les pavillons nationaux. J'ai une adresse à Santa Cruz., j'y trouverai aussi j'espère du petit accastillage que j'ai oublié d'acheter en France.
La journée va être longue une fois de plus, mais je garde un moral d'enfer. J'ai eu des nouvelles d'Henri qui est chirurgien à Maubeuge . C'est plus qu'un ami pour moi. Il a des ennuis professionnels imprévisibles , ces ennuis que je vois s'éloigner. Cela m'inquiète pour lui et me fait mesurer ma chance de pouvoir faire le mariole sur l'Atlantique...
Le jour se lève après une nuit très froide pour les Canaries ( 13 ° !). Pour ce qui est du froid je suis certain que vous me comprenez....Bon, c'est pas tout ça,je vais me mettre en route. A bientôt