Gabrielle

Gabrielle

jeudi 25 août 2011

Terceira, le retour...

Et voilà, nous sommes de nouveau à Terceira au port de Praia da Vitoria, notre première escale aux Açores après la Bretagne. Brigitte et Myriam y reprendront l'avion le 26 pour Bruxelles. Ce mois est passé trop vite...
Nous ne connaissions que Praia et Angra que je vous avais présentées, restait à visiter l'île.Pour ce faire nous avons à nouveau loué une voiture.
Pour  passer inaperçu, je me suis habillé en (riche) touriste, technique Dupont-Dupond: se fondre dans la foule et le paysage!
Point commun avec toutes les autres îles : le volcanisme. Le plus haut volcan culmine à 1000m. A cette hauteur on est presque toujours dans le nuage.

Fumeroles, lacs de cratères, rien que de très banal dans l'archipel. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est que un des volcans de Terceira et le seul au monde dont on puisse visiter le cratère. Il y a 3000 ans ( ce volcan est très jeune) s'est produite une première éruption créant un volcan de type Stromboli. 1000 ans plus tard est survenue une deuxième éruption de lave très fluide qui a littéralement foré la première couche de lave. Cette lave a ensuite reflué laissant le cratère ouvert.La visite en est très spectaculaire : 

C'est comme dans "Voyage au centre de la terre" sauf que la galerie s’arrête et ne permet pas d'aller jusqu'à l'Etna comme dans Jules Vernes.
Sur les flancs du volcan une végétation très dense d’eucalyptus et de bruyères arborescentes :

Les côtes de l'île sont des falaises moins hautes qu'à Sao Jorge. Il n'y a de plage qu'à Praia aussi tous les recoins du littoral ont été aménagés pour la baignade:

L'émigration a été très importante à Terceira, comme partout aux Açores, presque toujours vers les USA ou le Canada. Une fois enrichis beaucoup d’immigrants se sont fait construire des maisons où ils viennent passer leurs vacances. Pas de problème pour les repérer :

Les" tauradas a la corda" ( lâcher de toros en ville retenus par une corde) sont un repère culturel local très fort, magnifié par une statuaire "couillue" :
Aux Açores, où même des pissotières ont été sponsorisées par le Feder ( fond européen de développement ) comme on peut le voir à Praia( authentique !), cette superbe et virile évocation taurine a été financée par des fonds locaux. A y  regarder de près, Bruxelles aurait peut être du s'en mêler...
Terceira est beaucoup plus "moderne" que ses îles sœurs. Témoin de cette modernité, c'est la seule a posséder une autoroute qui va d'Angra à Praia ( de pas grand chose à rien du tout...) avec stations d'essence et radar. Elle a tout d'une grande !

Ici tout pousse toute l'année. Pour éviter les mauvaises herbes je vous conseille une technique locale répandue : le jardin bétonné .
Plus sérieusement il y a à Terceira une vraie culture vinicole. On y fait pousser de la vigne sur lave, dans de petits enclos pour la protéger du vent.

La lave est creusée par endroit pour y planter la vigne qui se développe à même le sol. Nous avons tâté du vin blanc local qui est très correct et d'un genre muscat assez alcoolisé très agréable également.Nous avons visité  le petit musée du vin . Le vin de Pico fait selon les mêmes méthodes était réservé pour la cour des Tsars.
La supériorité des vins français n'est bien sur pas discutée:  on trouve en ville un vin bien connu par certains d'entre vous !
Pour ceux qui feraient semblant de ne pas le connaître, c'est le vin de Françoise, la sœur de Brigitte  et de Vincent son mari ( domaine Costeplane, superbe site internet à visiter absolument !). Pour  vos achats recommandez vous de moi, c'est bien le diable si vous n'obtenez pas une (petite) réduction !
Comme toujours le plus simple a été d'occuper Arnold. Quand il n'est à la cuisine, c'est qu'il chasse :


Après le départ de Brigitte et de Myriam nous appareillerons pour le groupe d'îles orientales où nous devrions pas rester très longtemps. Il va s'agir d'avancer vers Madère et les Canaries. Je vous tiendrai au courant...




vendredi 19 août 2011

Graciosa....

C'est la plus petite des îles du groupe central des Açores. Il n'y a que 4800  habitants et une seule commune Santa Cruz.

Vous commencez à connaitre le coin : une administration très présente (technique locale pour les papiers; recopier à la main l'écran d'ordinateur), c'est tout plein de volcans, la caldeira du  principal d'entre eux n'est pas visitable en ce moment du fait d'émanations de gaz.
Là c'est le port et son volcan.
L'île est très cultivée. Il y a partout  des moulins (restaurés par la CEE...). Ce sont des copies des moulins hollandais en plus petit et avec des ailes démontables du fait des tempêtes.

On trouve de petites plages de sable noir, quelques petites criques et beaucoup de piscines naturelles


Les plages sont envahies de sportives françaises et, le matin, de brésiliennes en vacances ( toutes plus de 70 balais , on est très loin de Copacabana !)
Le bourg est aussi très Açorien : bien retapé par Bruxelles et plein d'églises

Enfin, comme partout aux Açores, une institution de base: le chinois ! Magasin ouvert toute la journée, toute l'année,on y trouve  tout ou presque pour 4,95€, deux achetés, trois gratuits !


Bref, l'endroit est très agréable..Il y a pas mal d'expatriés à Graciosa. Nous avons rencontré Catherine, une amie d'Arnold et Martine, qui vit ici depuis 6 ans . Pour elle tout change très vite, tout se modernise rapidement. C'est maintenant qu'il faut  venir. Vous verrez ainsi où passent vos impôts....
Car c'est sur, Bruxelles ( et les chinois !) font beaucoup pour l'archipel... Notez sur le quai un couteux portique de 80 tonnes, le plus gros bateau du port doit en faire 15 !
Demain retour à Terceira . C'est bientôt le retour pour Brigitte et Myriam.

Le cri des cormorans le soir au dessus des jonques...

Bon d'accord, ce n'est pas vraiment des cormorans mais des puffins cendrés. Ils sont très nombreux aux Açores, nichent dans les falaises et passent toute la journée en mer. Ils font un chahut infernal quand ils rentrent la nuit tombée et repartent au petit jour. Le port de Sao Jorge, Velas, étant sous la falaise , réveil militaire à 5 heures du mat' pour tous ! Et maintenant, pour nos fidèles auditeurs, un petit reportage sonore. A vous Cognac-Jay !

mardi 16 août 2011

Pico...

Pico, c'est l'île des chasseurs de baleines.

C'est l'île la plus jeune des Açores ( 250000ans). Son volcan principal, le Pico, est le point le plus haut des Açores et du Portugal : 2300 m. Le volcan écrase l'île. Il est très surveillé ( pourvu que ça tienne encore quelques jours...). Il attire beaucoup de randonneurs.

L'autre fait dominant est la culture baleinière. Elle a été importée par les baleiniers américains de Nantucket et de Boston. Tout ici rappelle Moby Dick, du moins dans sa dimension maritime ( je n'ai jamais vraiment compris le côté métaphysique...).Le matériel, les techniques de chasse ( harpons et lances, approche finale à la rame ), les bateaux sont restés les mêmes qu'au milieu du XIX° et ce jusqu'à la fin de la chasse. C'était un mano a mano très viril et risqué, rien à voir avec ce qui se pratique au Japon  par exemple.  Une espèce de corrida avec comme matadors le coiffeur, l'épicier ou le barbier du coin. Aucune fausse note : pas de  costumes de danseuse ridicules  façon torero espagnol . Cela avait vraiment de la gueule !
A Lages do Pico, un petit port de la côte sud, tout est resté intact. Le club nautique est l'ancien bâtiment où l'on dépeçait les cétacés.


Sur le port, une cale où on amenait les prises. Les chaudrons pour fondre la graisse de baleine sont intacts.On observe toujours quelques baleines : elles s'échouent pour prendre le soleil et sont une espèce très protégée dans ce pays très catholique.



Les baleinières sont superbes maintenues en parfait état par les différents clubs locaux et régatent très souvent à la voile ou à la rame.


Même les femmes s'y mettent ! Le spectacle des beautés locales, en tenue légère,le corps bronzé et en sueur,  les muscles tendus sur leur rame a laissé Arnold rêveur...Lui prétend ne s'intéresser qu'aux thons :
En fait il s'agit d'une dorade coryphène ! Je ne vous raconte pas les trois repas préparés avec ce spécimen de 5 kg !

Les baleinières étaient remorquées par de petites vedettes jusqu'aux cétacés repérés par des vigies à terre. Celles de Lages sont superbes.
Si on ne pêche plus la baleine depuis la fin des années 60, toute l'économie locale en dépend, l'observation des animaux attire beaucoup de touristes.



Cet après midi , nous avons quitté Lages pour Madelena, la "grande ville" de Pico pour nous rapprocher de Graciosa qui sera notre prochaine escale...Le voyage continue...







vendredi 12 août 2011

Horta...

Horta est le port de l'île de Faial . C'est une des escales les plus célèbres de l'Atlantique. Les grands voiliers venaient s'y avitailler, les vapeurs y trouvaient du charbon, les premiers câbles sous-marin y passaient. Pour les plaisanciers c'est une étape quasi obligée  vers Madère, l'Afrique ou le nouveau monde.
La marina est toujours encombrée et très cosmopolite. Hormis un wifi minable qui m'a interdit tout message pendant notre séjour, on se croirait à Cowes ou Cherbourg. Aucun dépaysement dans un endroit pourtant mythique ce qui m'a déçu.

La tradition veut que, de retour des Amériques, on peigne sur les quais une "fresque" évoquant le bateau et l'équipage.Beaucoup tiennent du graffiti, d'autres sont très belles.

La ville est beaucoup moins belle qu'Angra, souvent lépreuse même ( que fait donc Bruxelles? ).
Toujours un mélange ancien-moderne...
Pour maintenir au plus haut le moral des troupes, Arnold s'est procuré quelques bières...Après avoir paré à l'essentiel, nous avons visité l'île.
Comme toujours ici, tout est centré par un volcan principal, à 1000m environ, avec une caldeira impressionnante. Faial est en fait constellée de volcans.
Ici deux petites caldeiras de "bord de mer".
La végétation sur les pentes du volcan principal est fantastique avec en particulier de superbes fougères arborescentes.



C'est à Faial qu'est survenue en 1958 la dernière importante éruption volcanique avec l'apparition au bout d'un an d'un nouveau volcan. Les cendres ont recouvert complètement de petits hameaux et à moitié enseveli un phare.La moitié de la population a quitté l'île.
Là c'est l'éruption ...

Et voilà le travail....
Le phare avant et maintenant...

Nous avons quitté Horta pour Pico, l'île des pêcheurs de baleines le 11 Août. C'est de Pico que j'envoie ce message, l'internet étant maintenant accessible.
J'oubliais, le temps ici  est splendide, peut-être un peu chaud... Et vous, toujours pas morts de froid !
Couvrez vous bien et à la prochaine !