Gabrielle

Gabrielle

mardi 16 août 2011

Pico...

Pico, c'est l'île des chasseurs de baleines.

C'est l'île la plus jeune des Açores ( 250000ans). Son volcan principal, le Pico, est le point le plus haut des Açores et du Portugal : 2300 m. Le volcan écrase l'île. Il est très surveillé ( pourvu que ça tienne encore quelques jours...). Il attire beaucoup de randonneurs.

L'autre fait dominant est la culture baleinière. Elle a été importée par les baleiniers américains de Nantucket et de Boston. Tout ici rappelle Moby Dick, du moins dans sa dimension maritime ( je n'ai jamais vraiment compris le côté métaphysique...).Le matériel, les techniques de chasse ( harpons et lances, approche finale à la rame ), les bateaux sont restés les mêmes qu'au milieu du XIX° et ce jusqu'à la fin de la chasse. C'était un mano a mano très viril et risqué, rien à voir avec ce qui se pratique au Japon  par exemple.  Une espèce de corrida avec comme matadors le coiffeur, l'épicier ou le barbier du coin. Aucune fausse note : pas de  costumes de danseuse ridicules  façon torero espagnol . Cela avait vraiment de la gueule !
A Lages do Pico, un petit port de la côte sud, tout est resté intact. Le club nautique est l'ancien bâtiment où l'on dépeçait les cétacés.


Sur le port, une cale où on amenait les prises. Les chaudrons pour fondre la graisse de baleine sont intacts.On observe toujours quelques baleines : elles s'échouent pour prendre le soleil et sont une espèce très protégée dans ce pays très catholique.



Les baleinières sont superbes maintenues en parfait état par les différents clubs locaux et régatent très souvent à la voile ou à la rame.


Même les femmes s'y mettent ! Le spectacle des beautés locales, en tenue légère,le corps bronzé et en sueur,  les muscles tendus sur leur rame a laissé Arnold rêveur...Lui prétend ne s'intéresser qu'aux thons :
En fait il s'agit d'une dorade coryphène ! Je ne vous raconte pas les trois repas préparés avec ce spécimen de 5 kg !

Les baleinières étaient remorquées par de petites vedettes jusqu'aux cétacés repérés par des vigies à terre. Celles de Lages sont superbes.
Si on ne pêche plus la baleine depuis la fin des années 60, toute l'économie locale en dépend, l'observation des animaux attire beaucoup de touristes.



Cet après midi , nous avons quitté Lages pour Madelena, la "grande ville" de Pico pour nous rapprocher de Graciosa qui sera notre prochaine escale...Le voyage continue...







vendredi 12 août 2011

Horta...

Horta est le port de l'île de Faial . C'est une des escales les plus célèbres de l'Atlantique. Les grands voiliers venaient s'y avitailler, les vapeurs y trouvaient du charbon, les premiers câbles sous-marin y passaient. Pour les plaisanciers c'est une étape quasi obligée  vers Madère, l'Afrique ou le nouveau monde.
La marina est toujours encombrée et très cosmopolite. Hormis un wifi minable qui m'a interdit tout message pendant notre séjour, on se croirait à Cowes ou Cherbourg. Aucun dépaysement dans un endroit pourtant mythique ce qui m'a déçu.

La tradition veut que, de retour des Amériques, on peigne sur les quais une "fresque" évoquant le bateau et l'équipage.Beaucoup tiennent du graffiti, d'autres sont très belles.

La ville est beaucoup moins belle qu'Angra, souvent lépreuse même ( que fait donc Bruxelles? ).
Toujours un mélange ancien-moderne...
Pour maintenir au plus haut le moral des troupes, Arnold s'est procuré quelques bières...Après avoir paré à l'essentiel, nous avons visité l'île.
Comme toujours ici, tout est centré par un volcan principal, à 1000m environ, avec une caldeira impressionnante. Faial est en fait constellée de volcans.
Ici deux petites caldeiras de "bord de mer".
La végétation sur les pentes du volcan principal est fantastique avec en particulier de superbes fougères arborescentes.



C'est à Faial qu'est survenue en 1958 la dernière importante éruption volcanique avec l'apparition au bout d'un an d'un nouveau volcan. Les cendres ont recouvert complètement de petits hameaux et à moitié enseveli un phare.La moitié de la population a quitté l'île.
Là c'est l'éruption ...

Et voilà le travail....
Le phare avant et maintenant...

Nous avons quitté Horta pour Pico, l'île des pêcheurs de baleines le 11 Août. C'est de Pico que j'envoie ce message, l'internet étant maintenant accessible.
J'oubliais, le temps ici  est splendide, peut-être un peu chaud... Et vous, toujours pas morts de froid !
Couvrez vous bien et à la prochaine !







vendredi 5 août 2011

Sao Jorge...

Sao Jorge ( Saint Georges ) est une des îles du groupe central où nous sommes arrivés le 31 Juillet. Pour les connaisseurs c'est une des plus belle des Açores. Elle est constituée par une série de volcans alignés sur un cinquantaine de kilomètres, l'île faisant 8 km sur sa plus grande largeur. Vue de la mer, c'est une immense falaise pouvant atteindre 780m de hauteur. Les pentes sont habitées par des puffins cendrés qui, à la tombée du jour et au petit matin, font un chahut pas possible ( enregistrement à suivre prochainement ).
L'île n'est que peu accessible et le port principal, Velas, est très petit. Velas, qui est la capitale, n'est qu'un gros village.L'ambiance ici est très différente de ce que nous avons trouvé à Terceira, plus rurale, plus "au bout du monde". Le particularisme des îles des Açores est grand, mais il y a quand même  des points communs : le portugais ( avec des accents différents) et l'administration toujours aussi impressionnante.

En arrivant au port j'ai présenté le dossier qui m'avait été remis à Praia da Victoria et qui par ailleurs avait été directement transmis par internet. Fantastique technique à l' américaine me disais-je qui devait éviter de recommencer les paperasses ! Pas si simple en fait : l'imprimante du port ne marchant plus, le maître du port a photocopié mes documents, puis a demandé à revoir toute nos pièces d'identité pour vérifier une éventuelle erreur faite à Praia : vu le stress permanent et le surmenage des grandes marinas, des erreurs  sont à craindre m'a-t-il expliqué !  La notion de surmenage semblait inconnue pourtant à Terceira, un peu comme la neige dans le Sahara....
Sur ces entrefaites arrive la force publique : deux braves pandores surarmés, le chef portant des bottes de cheval ( avec éperons! ) qui demandent eux aussi une photocopie des papiers. Le chef a ensuite demandé à son subordonné de les recopier à la main... Une version locale du gendarme à St Tropez ... Depuis, tout les matins,le gendarme Ribeiro-Cruchot fait son tour de ponton .Simple promenade apéritive bien sûr, pas question de vrai contrôle !  Mais la gentillesse extrême de ce petit monde fait tout pardonner.

 Nous avons rapidement loué une voiture pour visiter pendant deux jours Sao Jorge qui est impressionnante.
Ici la ville et le port vus de la falaise.
La grand' place et le dragon de St georges ( pas Brigitte mais la sculpture !)
Les falaises sont vertigineuses, avec en bas des "Fajas " qui sont des zones d'effondrement qui ont été occupées et cultivées. Les routes qui y mènent  ridiculisent le Tourmalet.
Les Fajas sont de petites communautés centrées sur une église et faites de petits champs entourant des maisons microscopiques souvent en ruine.
 Les plus belles ne sont accessibles qu'à pied, un vrai scandale...Et on parle de favoriser le tourisme !

Les routes sur le plateau sont bordées d'hortensias

De petits villages s'alignent le long de la côte. Il n'y a pas de plage et on se baigne dans des piscines naturelles de lave ou sur les cales des ports , l'eau y est toujours limpide.


Pour nous le temps s'écoule tranquillement. Arnold pêche, nous mangeons tous les jours comme au restaurant.

Nous avons retrouvé les bretons de MEIJE II avec beaucoup de plaisir. C'est Hervé ( le barbu à casquette et au regard malicieux ) qui a dessiné Gabrielle. Son dessin m'a tellement plu que je l'ai exposé en page d’accueil . Bref une vie sociale chargée.
 Vous remarquerez qu'Arnold pêche aussi la sirène....Heureusement, il sait y faire avec Martine qui lui pardonne tout...

Nous repartirons samedi vers Faïal et le port de Horta, un des plus célèbres de l'Atlantique nord car le temps va se gâter ici et il sera plus agréable d'être dans une vraie ville si nous sommes bloqués quelques jours.